L’hibernation de la marmotte : une adaptation à l’environnement

Vous êtes-vous déjà demandé comment la marmotte passe l’hiver? Au-delà des idées reçues sur la « flemmardise » de ce rongeur montagnard, l’hibernation répond à un réel impératif de survie.

Depuis 2018, le parc animalier de Courzieu accueille une colonie de marmottes, composée d’une femelle et de quatre mâles. Elle est visible – avec un peu de patience – au voisinage des loups blancs.

Mais, à présent, penchons-nous sur l’hibernation de la marmotte. Comment se déroule-t-elle ? Pour quelle raison l’animal passe-t-il l’hiver en sommeil ? Réponse avec le Parc de Courzieu.

Pourquoi la marmotte hiberne-t-elle ?


La Nnature est bien faite : pour survivre et prospérer, chaque espèce a développé des techniques bien particulières d’adaptation au milieu. La migration et l’hibernation sont deux exemples courants.

Pour pallier le manque de nourriture et les températures glaciales de leur habitat en hiver, certains animaux passent la mauvaise saison à l’abri, en mettant leurs fonctions vitales en pause. C’est notamment le cas de la marmotte commune, présente dans les Alpes et les Pyrénées, et de ses cousines habitant le nord du continent américain.

Le sympathique rongeur des montagnes passe environ six mois de l’année en hibernation. Ceci permet d’assurer la survie de la colonie… à condition toutefois que l’animal ait pu constituer des réserves de graisse suffisantes. Ce qui nous amène au point suivant : le fonctionnement de l’hibernation chez la marmotte.

Comment se passe l’hibernation chez la marmotte alpine ?

Lorsque la marmotte hiberne, il se passe plusieurs choses :

  • sa température corporelle chute (de 37° à environ 6° C) ;
  • son rythme cardiaque diminue de façon radicale (environ dix pulsations par minute) ;
  • sa fréquence respiratoire ralentit jusqu’à devenir quasi-imperceptible (une seule par minute !).

La seule activité consiste, pour l’animal, à éliminer ses urines, toutes les trois semaines approximativement. On appelle cette phase « euthermie », par opposition aux périodes de sommeil ou d’« hypothermie ».

Le métabolisme de la marmotte fonctionne au minimum, pour maintenir sa température interne au-dessus de 5° C ; plus basse, elle lui serait fatale. Durant les six mois d’hibernation, le rongeur montagnard perd entre 35 et 50 % de son poids.

Toutefois, un individu isolé ne survivrait pas à la saison froide. Les marmottes hibernent en groupe, serrées les unes contre les autres, ce qui limite les déperditions de chaleur. Elles ne passent pas non plus l’hiver n’importe où : les terriers, appelés hibernaculum, sont minutieusement préparés.

Où se déroule l’hibernation de la colonie de marmottes ?

La marmotte alpine est un animal social, qui vit en groupes dans de vastes terriers pouvant atteindre 20 m de long. La colonie passe la belle saison dans un terrier d’été, avant de déménager pour l’hibernaculum dès la mi-octobre.

Le terrier d’hibernation des marmottes est tapissé d’une épaisse couche de végétation, destinée à assurer une température constante et homogène. On estime que 12 à 15 kg de fourrage sont nécessaires pour garnir l’hibernaculum. Notez que ce terrier est réutilisé d’une année sur l’autre.

À la mi-octobre, donc, toute la colonie rejoint ses quartiers d’hiver et colmate hermétiquement les entrées du terrier, à l’aide d’un mélange de végétaux, de boue, de terre et même d’excréments.

Comment la marmotte sait que l’heure de l’hibernation est venue ?


Les recherches scientifiques ont établi que la glande épiphyse, située dans le cerveau, aide l’animal à savoir quand hiberner. Cette glande est sensible à la photopériode – la durée du jour – et réagit à la baisse de la luminosité par une production accrue de mélatonine. Cette dernière, appelée « hormone du sommeil », incite les marmottes à entrer en hibernation.
L’autre élément déclencheur est la diminution des températures, dès le début de l’automne.

L’hibernation, un « sommeil » anticipé longtemps à l’avance


Pour être efficace – et viable ! – la période d’hibernation des marmottes doit être soigneusement préparée. Dès le début du printemps, les « siffleux » recherchent activement des aliments riches en acides gras. Les réserves de graisse accumulées conditionnent en effet directement la survie des rongeurs.

Au printemps, la marmotte jette son dévolu sur les racines, avant de se régaler des jeunes pousses, puis des fleurs estivales. Au menu : pissenlit et luzerne, astragale et trèfle, vesce et achillée, genêt et carline…

Lorsqu’elle rejoint l’hibernaculum, la marmotte a ainsi augmenté son poids corporel d’environ un tiers.

Le réveil de la marmotte, un moment délicat


Tout comme les conditions extérieures conditionnent leur entrée en hibernation, elles entraînent aussi le réveil printanier des marmottes. Dès que les jours allongent, au tout début de l’été, la colonie s’éveille peu à peu, en commençant par les mâles pour finir par les marmottons de l’année. La sortie de l’hibernation consomme, à elle seule, 90 % des réserves de graisse accumulées par l’animal ! Les mâles ont, par ailleurs, perdu davantage de poids durant l’hibernation, en raison de la spermatogenèse – la production de spermatozoïdes – qui a lieu durant cette période.

La marmotte sort d’hibernation en deux temps. D’abord, sa température corporelle remonte provisoirement, le temps pour elle de faire ses besoins, de nettoyer le nid et d’inspecter les alentours. Cette phase dure environ 48 heures. Ensuite, vient le réveil définitif et, avec lui, l’urgence de se nourrir pour reconstituer ses réserves en vue de la saison des amours !

C’est la consommation intégrale des réserves graisseuses, et non la hausse des températures, qui entraîne la sortie d’hibernation chez la marmotte.
Une fois bien réveillés, les membres de la colonie s’affairent à nettoyer le terrier d’hibernation, car celui-ci remplit une autre fonction : il abrite les mises bas.

Une fois les marmottons suffisamment grands pour quitter le terrier, à environ 50 jours, les adultes le nettoient à nouveau avant de le refermer de façon hermétique. La colonie emménage alors dans ses quartiers d’été… jusqu’à l’automne suivant.

Réchauffement climatique : quel impact sur les animaux qui hibernent ?


Des chercheurs de l’Université de Lyon 1 ont mené des travaux sur les colonies de marmottes de la Grande Sassière, une réserve naturelle située dans le Parc national de la Vanoise, au cœur des Alpes. Ces recherches établissent que la diminution de l’épaisseur de neige recouvrant les terriers d’hiver – et contribuant à les isoler du froid – impacte directement la santé des marmottes.

En effet, une isolation moindre entraîne une température plus basse dans l’hibernaculum, provoquant à son tour des besoins accrus en énergie pour permettre aux animaux de maintenir leur métabolisme. Conséquence : les femelles sortent d’hibernation plus affaiblies et donnent naissance à des petits plus chétifs et moins nombreux.

Le rôle du Parc de Courzieu dans la préservation des marmottes et leur habitat


La colonie de marmottes du Parc de Courzieu, près de Lyon, permet au grand public de découvrir les mœurs de cet attachant animal. Nos pensionnaires ont vu le jour en captivité, dans un parc animalier allemand pour une partie d’entre eux. Ils vivent ici en semi-liberté et en bonne intelligence avec nos loups arctiques, dans la Vallée des Loups Blancs. Cet espace se découvre à pied et à votre rythme, grâce à un sentier spécialement aménagé et à une zone d’observation prévue pour admirer nos pensionnaires sans les déranger.

Depuis sa création au tout début des années 80, le Parc de Courzieu a pour vocation l’information et la sensibilisation des visiteurs. Toute l’équipe se dévoue pour vous faire découvrir et aimer la faune et la flore de nos régions, car on ne protège bien que ce que l’on connaît ! Nos soigneurs sont disponibles à tout instant pour répondre à vos questions concernant la vie de la marmotte en hiver… et le reste du temps.

Vous aussi, venez en apprendre davantage sur les mœurs des marmottes, de leurs activités quotidiennes à l’hibernation et à la reproduction. Entre amis, en famille, prenez un grand bol d’air et augmentez vos connaissances animalières dans un site hors du commun ! Le Parc de Courzieu est ouvert d’avril à mi-novembre, ainsi que pendant les vacances d’hiver et de Noël. Nous organisons aussi des visites et des ateliers pour les groupes scolaires et les entreprises : n’hésitez pas à nous contacter pour en savoir plus.

Venez observer notre colonie de marmottes sur leur Sentier au cœur de la Colline aux Loups Blancs de notre parc animalier en région Rhône-Alpes.